Publié par Clément B.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

"Le Bateau ivre", Cahier de Douai, Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud à 17 ans - par Fantin-Latour

Arthur Rimbaud à 17 ans - par Fantin-Latour

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. — Vos sonnets la font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
— Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire… !

— Ce soir-là,… — vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
— On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

« Roman », Cahier de Douai, Arthur Rimbaud

Cette jeunesse à laquelle on succombe 

Finira comme n’importe quelle relation 

J’écris sur cette tombe 

L’unique passion.

 

Sa fragilité, ses souvenirs heureux 

Quoi de mieux que notre naïveté éphémère 

La fin des temps pluvieuse

Lorsque tu me considères.

 

Tu as créé en moi, jeunesse sublimée.

Ces moments de plaisir 

Ne pourront être effacés 

Sans ces moments, je serais une satire.

 

Tu m’émerveilles par tes souvenirs agréables 

Jeunesse éperdue 

Amours indéniables

Je marche désormais seul sur mon avenue.

 

Un coin de table (1872), Henri Fantin-Latour / Rimbaud et Verlaine au 1er plan, à gauche

Un coin de table (1872), Henri Fantin-Latour / Rimbaud et Verlaine au 1er plan, à gauche

Tag(s) : #poésie MG4
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