Publié par Ali-Amine

En fugue

Cinq heures du soir

Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
− Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

"Au cabaret vert", Rimbaud, Cahier de Douai

À peine mon aventure nocturne venait de se terminer 

Qu’aussitôt une tension me fit m’alarmer

Car malgré mes yeux plissés

J’avais depuis peu besoin de me relâcher

 

Tout en me délestant d’un poids

Près d'un banc, non loin d'une source

Je me remémore, après ce soulagement

L’action de me reposer : si douce

 

Vint alors l’étirement matinal

Et la lourdeur, avec mon départ brutal

Vint disparaître en même temps 

Que ma fatigue aux yeux étoilés

 

Dans une auberge, j’eus cette joie inexplicable, mystérieuse

Comme si avoir fait le mur rendait ma vie heureuse

Du pain fatigué les craquements surgissaient

Au même rythme que l'humeur fraîche de la rosée

 

En fugue
Tag(s) : #poésie MG4
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