Publié par Sabrina

Le foot dans ma famille

Le foot dans ma famille

— Laisse donc, laisse donc… Ce n’est pas si terrible, va, c’est loin d’être si terrible, l’arrivée d’un enfant. Et c’est beaucoup plus beau dans la réalité. La peine qu’on y prend s’oublie si vite, tu verras !… La preuve que toutes les femmes l’oublient, c’est qu’il n’y a jamais que les hommes qui en font des histoires. (p.37)

Colette, La maison de Claudine, "Ma mère et les livres"

- Dis, tu te rappelles ces après-midis qu'on passait tous ensemble ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles…
- Je sais que tu t’en souviens ! Rappelle-toi, lorsqu'on partait, après avoir mangé le berkoukes préparé par Djamila, sur un terrain de foot et qu'on jouait jusqu'à ce que le soleil se couche, c'était comme un rituel.
- Oui, c'est vrai que maintenant je m'en souviens. C'est quelque chose à quoi mon père tenait beaucoup, il adorait y jouer, mais surtout le regarder. Du plus loin que je me souvienne, toute mon enfance, j'ai été bercée par cette culture du ballon rond. Même si je n'aimais pas regarder les matchs.
- Parce que tu ne pouvais pas rester assise tranquillement pendant plus d'une heure et demie. Tu as toujours préféré y jouer, il y avait plus d'action.
- C'est vrai que je trouvais ça ennuyeux ! Mais c'était un moment que je passais avec toute ma famille, on était tous ensemble sur le canapé à regarder le match, tout en mangeant des cacahuètes, des gâteaux, du chocolat, des bonbons, et à boire du thé, alors ce n'était pas trop grave.
- Je pense que c'est pour cela que tu aimais beaucoup jouer au football, non ?
- Oui, c'est vrai, je me rappelle que j'avais l'habitude d'aller dans les cages. J’adore y aller, mais je ne sais plus pourquoi.
- Je pense que c'est parce que tu n'es pas douée avec tes pieds. As-tu oublié que tu tires tout le temps à côté ?
- Oui, c'est vrai, je me rappelle qu'il était souvent exaspéré. Il s'énervait, et à la fin il criait. J'avais peur, alors je préférais aller dans les cages. Il n'était pas méchant, c'est juste que quand il faisait un match, il voulait gagner. Je me rappelle quand mes frères et sœurs et moi nous stressions parce qu'on voulait bien jouer pour rendre fier notre père.
- Il a toujours été une sorte de héros pour vous ?
- Non, c'est plus que cela, mais c'est indéfinissable.

Tag(s) : #autobiographie MG4
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