Publié par Kennocha

C’était une fin de journée. Il y avait beaucoup d’éclairs ce soir-là, et comme on était en montagne, les éclairs étaient juste à côté de nous.  Photo © Kennocha Péran

C’était une fin de journée. Il y avait beaucoup d’éclairs ce soir-là, et comme on était en montagne, les éclairs étaient juste à côté de nous. Photo © Kennocha Péran

      - C’était un été ensoleillé, la chaleur était presque étouffante.

 

     L’été 2019 plus précisément, en Espagne à Sant Celoni, je passais en première, c’était la seule année où j’avais trois mois de vacances. Ces trois mois furent magiques, presque surréalistes. J’en ai bien sûr profité autant que je le pouvais, que cela soit avec mes amis, ou encore durant ces soirées au bord de mer, autour d’un feu, à manger d’une main, et à boire de l’alcool de l’autre. On se mettait à chanter, insouciants du monde extérieur qu’on allait bientôt retrouver. Des balades l’après-midi, à vélo de village en village, des fins d’après-midi à la plage, ou tout simplement une journée entière à rien faire à cause des quarante degrés.

J’en avais tellement besoin, juste me retrouver seule, avec ma meilleure amie, toutes les deux, seules face à Barcelone tout entier ! Le fait de voyager, de changer de paysage et d’air, m’a fait le plus grand bien, surtout à ce moment. Ce n’était pas la première fois que je vivais un mauvais épisode comme celui-ci, malheureusement. Il y en avait eu d’autres avant, mais celui-ci était juste.... horrible.

 

     La douleur me torturait de l’intérieur, mon cœur me faisait mal, j’avais l’impression qu’on broyait mon corps, encore et encore.

    Il me manquait terriblement. Petit à petit, j’ai fini par me rendre compte que je n’étais plus avec lui, et ça ne faisait qu’empirer. Cela arrivait tous les soirs. La journée, j’étais tellement occupée à profiter de l’Espagne que je n’y pensais pas. Mais le soir, j’étais comme une enfant seule dans les bois qui avait fini par se perdre, et se mettait à pleurer dans un coin, en espérant que quelqu’un la réconforte, et l’aide à retrouver son chemin. Le matin, je me réveillais souvent les larmes aux yeux ; et le soir je m’endormais en pleurant à cause des maux de tête.

     Et ça, pendant sept mois, peut-être plus.

     Il y a quelques choses de beau et d’innocent dans le premier amour.

   On ne connaît pas encore la douleur de s’être aimés très fort, on n’a pas peur de s’attacher. Alors on se donne entièrement.

    Et finalement, je crois que c’est ça l’amour, puisqu’on ne s’oublie jamais.

 

    - Donc c’est normal si j’ai mal comme ça, Maman ?

 

    - Exactement, ça sera long et douloureux. Mais tu en sortiras plus forte, et moins naïve.

 

Tag(s) : #autobiographie MG4
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