Publié par Réjane

Captif Covid-jour 5.2

       Qui suis-je ? Une lycéenne malade ? Une lycéenne en vacances ? Une lycéenne renvoyée de son établissement ? Non, rien de tout cela, bien que...

         Nous sommes aujourd'hui au cinquième jour du confinement pour cause de pandémie. Le coronavirus s'est répandu sur toute notre planète et toute vie, professionnelle, familiale, sociale est suspendue. J'ai comme l'impression que l'horloge du temps s'est arrêtée et les journées, cloîtrée, me paraissent de plus en plus longues ; que la routine s'installe inexorablement, que la déprime me guette. Pourtant, dehors, tout semble s'accélérer, s'aggraver, empirer : ce diable de virus est en pleine forme et se développe de façon exponentielle.

       Comment les choses ont-elles pu prendre une telle tournure ? En sommes-nous les principaux responsables ? Nous dit-on toute la vérité ? Pour l'instant, bien des questions sans réponses. Pourtant il y a encore une poignée de jours, sans crainte aucune, nous pouvions sans problème aller acheter notre pain, dîner au restaurant, rendre visite à nos proches, recevoir nos amis, et bien d'autres activités maintenant formellement interdites. Je passe désormais trop de temps à regarder la télévision pour me tenir informée de l'actualité. Nous sommes à ce jour à plus de 11 000 morts recensés dans le monde, soit 272 décès et 12 725 nouveaux cas, pour la seule journée d'hier. À Brest, l'épidémie évolue aussi inexorablement. Le département du Finistère compte 60 personnes contaminées, voire plus. Une situation qui devient critique, préoccupante. Ces chiffres me font peur, mais grâce à eux nous nous rendons compte de la gravité de la situation et donc, nous sommes plus sensibilisés et enclins à appliquer les mesures de prévention, comme les préconisations gouvernementales. Mais dès lors bien des questions apparaissent : quelles conséquences pour notre société ? Quel devenir pour la scolarité de nos enfants? Quels risques pour notre économie ? Pour notre travail ? Pour notre société ? Ce matin les journaux titraient : «Faut-il repousser les grandes vacances ?» Vaste interrogation mais aux multiples conséquences : la garde des enfants, les congés des parents, la garde partagée pour les parents divorcés, le tourisme, les locations saisonnières, etc.

         Bien sûr, j'essaie de relativiser et de me persuader que l'important, d'abord, c'est la santé. Mais comment faire ? Comment réussir à dédramatiser ? Comment voir en ce moment les événements de façon positive ?

        Nous sommes le samedi 21 mars 2020. Je suis là, immobile, assise devant ma fenêtre. Je regarde la rue déserte de tout promeneur, de toute voiture, comme en temps de guerre. Je regarde la nature qui semble seule y croire : le printemps vient d'arriver, je vois l'herbe qui pousse, les bourgeons qui éclatent, les fleurs qui s'épanouissent, les oiseaux qui bâtissent leurs nids. Face à moi, de la vie, que cela fait du bien. Mais la nature aussi est surprise, les êtres humains ne l'ont jamais laissée aussi tranquille.

       Alors qu'en sera-t-il des jours à venir, des prochaines semaines, voire des mois qui nous attendent ? L’inquiétude est grande mais ne baissons pas les bras : nous vaincrons et retrouvons après notre bonheur et notre insouciance. Du moins je veux y croire.

 

Tag(s) : #réel et fictif
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