Publié par Blandine

Captif Covid-jour 6

         Nous sommes le samedi 21 mars 2020, c'est le quatrième jour de confinement. Comme chaque matin depuis le début de ce confinement, je me lève à 9h30. Dans ce moment compliqué que nous vivons, j'essaye de garder un rythme pour ne pas tomber dans une dépression qui est si vite arrivée en ce temps de « guerre ». Chaque jour, j'ai la même routine, après m'être levée et avoir déjeuné, je fais une séance de sport. Car, oui, je me suis remise au sport pour garder une hygiène de vie correcte. Par la suite, je fais mes devoirs. Cette après-midi, mes parents m'ont dit de venir jouer avec eux à un jeu de société dans le jardin. J'ai cette chance-là, d'avoir un jardin et de pouvoir sortir un peu dehors pour m'aérer l'esprit. Même si ce n’est pas grand-chose, ça fait quand même du bien à l'esprit et au corps de sortir pour ne pas rester entre quatre murs. Je compatis avec toutes les personnes qui sont en appartement, qui n'ont pas de balcon, et qui malheureusement ne peuvent pas prendre un peu l'air, si ce n'est pour aller faire des courses !

        Cette après-midi il faisait beau, je me suis installée sur les sièges de la terrasse pour jouer aux jeux de société avec mes parents. Cela nous a fait du bien à tous, car pendant un temps nous avons presque oublié ce coronavirus et cette ambiance anxiogène. Malgré ce moment passé en famille, moi mon frère et mes parents avons conclu, quand nous étions dans le jardin, que même les voisins n'osent pas sortir dehors. Nous étions au calme quand, d'un coup, nous avons entendu un son mélodieux qui venait de la maison de nos voisins. Ils étaient en pleine séance de sport. Cette musique était douce et en même temps joyeuse. Elle résonnait dans notre jardin mais également dans notre cœur, comme un retour de gaieté pendant un temps bref. Lorsque cette gaieté fut terminée, la dure réalité nous a de nouveau frappés, et dans le silence nous nous sommes murés !

        Vers 17h30, nous sommes rentrés dans notre maison, avec très vite le sentiment d'enfermement de la privation de liberté qui compose désormais nos journées, et ce pour une durée indéterminé. Ce qui est dur à accepter ! Heureusement, j'ai gardé des plaisirs essentiels à ma vie, comme les plaisirs de la bouche, mais également le plaisir des choses simples, comme lire un livre, ou juste observer le paysage qui nous entoure. À la télé certaines images m'ont un peu choquée, comme celles des villes où personne ne circule. Notre pays est devenu un assemblage de villes « fantômes » où la nature reprend petit à petit ses droits, que les hommes lui ont pris.

        Au fil de la journée, j'ai appris que l'Aréna s'est mobilisée pour accueillir les malades et essayer de soulager les médecins, qui commencent à se trouver en difficulté à certains endroits.

       Comme chaque soir depuis le début de ce confinement, à 20h, je sors dans mon jardin et j'applaudis pour honorer et remercier le personnel hospitalier.  

 

Tag(s) : #réel et fictif
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