Publié par Réjane

Captif Covid-jour 9.2

        Le printemps est là, et bien là : un ciel d'un bleu sans nuage, une agréable tiédeur qui redonne le sourire après tous ces mois hivernaux chargés de pluie et de tempêtes. Et pourtant... le cœur n'est pas à rire.

      Nous sommes le mardi 24 mars 2020, neuvième jour du confinement décidé par le Président de la République pour lutter contre le coronavirus. A l'heure où je rédige ces quelques lignes, je suis dans mon jardin, il fait beau, je me sens bien. Vous dire le bien-être que je ressens serait un doux euphémisme, et cependant mon bonheur est loin d'être total. Les jours noirs continuent encore et toujours, portés par ce virus invincible qui continue son inexorable chemin. L'OMS estime à juste raison que la situation s'aggrave : rien que pour notre pays, hier 166 nouveaux cas déclarés, et le nombre de décès s'élève à 860, nombre qui va continuer à progresser à la vitesse de l’éclair.

        Et pourtant, étonnement ! Certains français ne prennent toujours pas conscience de la gravité du péril : aller faire ses courses tous les jours, est-ce nécessaire ? Sortir son chien dix fois dans la même journée, est-ce indispensable ? Combien faudra-t-il de malades, de morts, pour que ces français se sentent concernés ? À quel montant le gouvernement devra-t-il monter les contraventions pour les sensibiliser ? Ce manque de responsabilité, de solidarité, de civisme, me chagrine, m'attriste et m'interpelle sur l'état d'esprit de certains de mes « compatriotes ». Moi aussi, le manque de liberté – sentiment redoublé par beau temps – me titille, me donne envie de sortir, de me balader, d'aller à la plage, de voir mes proches, mais je me sens concerné par ce confinement, pour moi et pour les autres, et donc je m'oblige à respecter les consignes. « Nous sommes confinés parce que nous sommes en guerre », a insisté le Président Macron.

       Et puis il y a tous ces soignants, ambulanciers, infirmiers, médecins... et tous les livreurs, les caissiers, les pompiers... qui mettent leur vie en danger pour nous. Le premier ministre a promis de renforcer le matériel de prévention à leur égard et c'est tant mieux, c'est normal. Il y a un fil continu de témoignages de gratitude qui circule à longueur de journée sur les réseaux sociaux, à la télé, dans la presse. Tous les remercient et les admirent pour leur courage et leur dévouement. Bravo à eux. Ces félicitations unanimes et l'hommage journalier de vingt heures sont leur juste récompense. Alors que cette aide promise par l’État arrive vite, et en quantité suffisante.

      C'est la guerre et une guerre est faite de batailles. Aujourd'hui les scientifiques ont lancé celle des médicaments et du vaccin. Ils avancent dans leurs travaux et déjà quelques pistes se font jour comme celle de la chloroquine. Mais, bien sûr, il y a des étapes à ne pas sauter, même si nous voudrions tous aller vite, plus vite, encore plus vite !

        Raison garder est nécessaire, et la solidarité, plutôt que la polémique, est indispensable. Nous nous battons ensemble, et ensemble nous sommes encore plus forts, nous irons plus loin et nous vaincrons !

 

Tag(s) : #réel et fictif
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