Publié par Geram

Le manque d’un père

Maman penchée à une fenêtre du train qui s’éloigne lentement et moi courant le long du quai, hurlant, sanglotant, et l’oncle courant derrière moi pour me rattraper, me prenant par la main, me ramenant, où, je ne sais plus, probablement dans un autre train partant en sens inverse.

Enfance (1983), de Nathalie Sarraute (p.111)

        Après une séparation assez violente de mes parents, moi, ma mère et ma petite sœur sommes partis vivre en France.

      À l’époque, je n’avais que huit ans et je dus quitter mon père de force. C’est un sentiment très étrange, une douleur plus forte que la douleur physique... 

        Perdre la personne qui nous a éduqués, c’est comme perdre une partie de soi-même.

      J’étais à présent l’homme de la maison, je devais montrer l’exemple à ma sœur et rendre ma mère fière. Mais comment donner l’exemple si l’on m’a retiré celui que je suivais ? À qui demander des conseils si l’on m’a retiré mon conseiller ?

       Puis vint le jour des présentations entre moi et mon beau père, celui qui serait mon « nouveau père », celui qui remplacerait – soi-disant – l’ancien. Au début j’ai essayé de trouver des points communs avec mon père et lui, mais rien, rien ne put le remplacer.

     Plus je grandis et plus le manque de mon père grandit avec moi, mais le peu de souvenirs que j’ai de lui commence à se perdre avec le temps. ​​​​​​​ 

 

Tag(s) : #autobiographie MG1
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