Publié par Maïwenn

Captif Covid-J 18.2

 Aujourd'hui, nous sommes le jeudi 2 avril 2020.

       Nous voilà donc arrivés au dix-huitième jour du confinement. Comme tous les matins maintenant, je me réveille vers 9 heures, pour ensuite descendre prendre mon petit-déjeuner, composé d'un verre de jus de fruit et de pain. Oui, je sais ce que vous pensez, ça fait très « équilibré et sain » mais en temps normal, ce n’est pas comme ça, c'est surtout parce que mes parents minimisent les courses...

       Après avoir fait deux-trois caresses à mes deux chats, je remonte dans ma chambre pour commencer à travailler. À travers le velux de ma chambre, je peux admirer de beaux rayons de soleil malgré quelques nuages qui rodent face à eux. Le beau temps m'aide à travailler mais je me sens démoralisée.

       Chaque repas se déroule à l'heure de midi, mais seulement en semaine. Même pas de pâtes ? Mais des lasagnes, et c'est tout aussi bon ! Je termine mon repas avec un délicieux gâteau à la pomme que ma mère a fait le matin même. À 13 heures, c'est le journal et c'est très important de s'informer dans ces conditions. Le virus qui nous coupe des activités humaines, depuis maintenant dix-huit jours, commence vraiment à me faire perdre patience, mais nous prenons tous sur nous. Je suis l'essentiel de l'actualité, et quand je remarque qu'encore aujourd'hui, aux infos, des individus ne respectent pas les règles qu'ordonne le Président de la République, cela me met hors de moi. Je ne comprends pas comment des personnes peuvent être aussi irresponsables et irrespectueuses envers le travail du personnel soignant, ainsi qu'envers toutes les personnes qui se donnent du mal pour traiter cette épidémie. Restez chez vous si vous voulez ressortir au plus vite !

       Après m'être un peu agacée, je monte dans ma chambre pour rejoindre ma classe virtuelle de maths qui est prévue pour 14h30. On a pu corriger les exercices donnés la veille et faire cours. Honnêtement je n’avais pas tout bon, mais j'ai compris mes erreurs, ainsi que le cours et c'est l'essentiel. Ensuite, je termine ma feuille de révision de ma lecture linéaire sur Montesquieu, et j'avance ma fiction en français, à rendre pour demain, puis c'est bon.

       J'ai prévu de faire des cookies en dessert pour le dîner de ce soir. Je ne suis pas très douée en cuisine mais je les fais avec un robot. Je n’ai pas eu trop de difficultés, ça va. Ils ont presque autant de chocolat que de pâte, mais peu importe, car plus il y a de chocolat mieux c'est. Oui, c'est un peu abusé, et alors ?

       Plusieurs fois durant la journée, je m’ennuie et je réfléchis, inconsciemment. J'essaye de trouver du positif dans cette situation. Par exemple, après cette longue période, on sera tellement contents de ressortir, de revoir nos proches, et même d'aller au lycée. On aura l'occasion de ressentir avec tellement plus d'intensité les petites choses de la vie qui paraissent banales en général.

       Puis, pour rester en bonne forme, comme mon prof d'EPS nous le conseille, je fais du renforcement musculaire tous les soirs, ça m'aide aussi à me canaliser, à ne pas devenir folle à cause de ce confinement. Par la suite, j'enchaîne direct avec ma douche.

       Il est maintenant 19h15 et comme chaque soir, où il a pu faire beau la journée, je peux admirer un magnifique coucher de soleil. À chaque fois, ça a le pouvoir de me rappeler les fois où j'allais voir les couchers de soleil au Rocher de l'Impératrice à Plougastel, avec ma meilleure amie.

      Pour finir, il ne me reste plus qu'à manger – mes cookies étaient très bons –, et à regarder deux épisodes de ma série, comme j'ai l'habitude de faire tous les soirs. Puis de revivre cette journée en boucle pour encore plusieurs semaines.

Tag(s) : #réel et fictif
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