Publié par Emma L.

Le plus heureux

Le plus heureux

            Aujourd’hui, nous sommes le lundi 6 avril 2020. Enfin, on ne dirait pas vraiment car depuis le début du confinement, j’ai l’impression que nous sommes tous les jours dimanche. Dehors, il fait bon et aucun vent ne vient soulever les feuilles des arbres. Je ne supporte plus de rester enfermée, je regrette tous mes déplacements quotidiens. Me réveiller à 6h tous les matins pour prendre le car, aller au lycée, voir mes amis : tout cela me manque terriblement. Je me suis rendue compte que travailler chez soi n’est pas si facile car il faut réussir à s’organiser pour rendre tous les devoirs attendus à temps.   

      Aujourd’hui – comme presque tous les jours –, je me lève vers 10h puis descends regarder la télévision en évitant soigneusement les chaînes d’information continue. Je décide plutôt de poursuivre le visionnage de ma série sur Netflix. Deux épisodes plus tard je monte m’habiller, car rester en pyjama toute la journée me déprime et me donne envie de ne rien faire. Vers 13h30, ma mère appelle tout le monde à table. Après le repas, je commence à travailler, mais je n’arrive pas à me concentrer. Je me pose des questions, je m’inquiète. J’ai l’impression que cette pandémie ne va jamais se finir. Le bilan ne cesse de s’alourdir… La situation est catastrophique pour beaucoup de pays qui n’ont peut-être pas pris ce virus au sérieux à temps. Des reportages sur les hôpitaux ne cessent d’être diffusés. Ils sont très intéressants et en même temps effrayants. Quand est-ce-que tout redeviendra normal ? Avec ma mère nous avons vu aux informations que même la SPA poussait un cri d’alerte car les gens abandonnent leurs animaux ayant peur que ceux-ci ne leur transmettent la maladie – ce qui est d’ailleurs impossible car les médecins ont annoncé que les animaux ne transmettaient pas la maladie à l’Homme –. À cause de tous ces abandons, certains refuges pleins à craquer vont devoir envisager d’euthanasier les animaux. J’ai réellement la sensation que rien ne va plus.

      Lors des journées comme celles-ci, des enfants se retrouvent habituellement pour jouer dans mon quartier. Aujourd’hui pas un son : une rue déserte. Je lève les yeux de mon cahier et il est déjà 18h. Je décide d’arrêter mon travail et d’aller me changer pour faire du sport.

      Après le dîner, je monte dans ma chambre me poser un peu. Je me rends compte que nous n’avons pas tous la même réaction face à cette situation dans ma famille. Mon petit frère est agacé, il ne veut pas entendre les actualités et n’attend qu’une seule chose : retourner à l’école pour retrouver ses amis. Ma mère supporte de moins en moins de rester enfermée et est inquiète du nombre de décès : 833 en 24h en France. Mon père lui, d’un naturel optimiste, essaie de voir le bon côté des choses en se disant que nous sommes en bonne santé et que c’est le plus important. Le plus heureux de ma famille c’est mon chien, il est toujours accompagné, lui qui n’aime pas vraiment rester seul. Il profite du jardin lorsqu’il fait beau. Moi, je ne sais pas trop quoi penser… Parfois j’essaie aussi de voir le bon côté des choses, en me disant que tout le monde sera content de se retrouver lorsque tout cela sera fini. Malheureusement, j’ai le sentiment que nous allons devoir recommencer chaque jour, avec les mêmes inquiétudes et les mêmes occupations encore un bon moment.

Tag(s) : #réel et fictif
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