Publié par Maïlys

Captif Covid-J 32.1 L'échappée

         Cher journal, aujourd’hui nous sommes le 16 avril 2020. Cela fait 32 jours que l’on est confinés. Sans te mentir, quelquefois j’ai envie de craquer et d’aller voir ma copine qui habite en face de chez moi, mais je me retiens et me dis que je ne suis pas la plus à plaindre. Chacun s’occupe comme il peut : moi je fais beaucoup de sport (muscu et footing), je ne peux faire que ça ! Je remplis mon attestation de sortie, je mets mes chaussures de sport, je prends mes écouteurs et je commence à courir. Cela fait tellement de bien ! Je croise beaucoup plus de coureurs qu’avant le confinement, hélas. Tout le monde sourit, enfin je pense, ils portent tous un masque sur leur visage, alors je préfère les imaginer en train de sourire plutôt qu’en train de pleurer.

       Dehors il fait beau, le printemps est là, ça se voit : les arbres deviennent verts, certains font des fleurs, il commence à y avoir des abeilles... Il n’y a aucun petit nuage mais il y a, à la place, un gros soleil. Je passe entre les champs, le bois tout proche des dunes. J’ai comme l’impression qu’avant, ce n’était pas comme ça. Je crois que depuis que je suis coincée entre quatre murs, je me rends compte de la chance que j’avais – avant – d’être libre.

      Quelquefois je fais des pauses pour respirer et j’en profite pour contempler le paysage magnifique, où il y a plein d’oiseaux noirs regroupés qui migrent. C’est une chose qui me manque beaucoup. D’autres fois, je sprinte car c’est là où je me sens le mieux : j’essaie d’accélérer un maximum pour être soulagée. Oui, le sprint ça me soulage. J’imagine des choses que je déteste le plus au monde, comme les araignées bien sûr ! Mais surtout comme s’il y avait derrière moi cette horrible maladie, appelée le COVID-19, qui a maintenant tué plus de 17 000 personnes en France. À ce moment-là, je cours le plus vite et le plus loin possible. Puis je regarde l’heure et je me rends compte que je suis presque à l’échéance de l’heure autorisée, donc je rentre.

      Plus tard, je regarde à la fenêtre en espérant vite m’échapper, et je me dis : « Plus qu’un mois ».

Tag(s) : #réel et fictif
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