Publié par Océane

Une arrivée qui ébranla ma vie

Pleurez, malheureux Otaïtiens, pleurez, mais que ce soit de l'arrivée et non du départ de ces hommes ambitieux et méchants. Un jour vous les connaîtrez mieux.

Supplément au voyage de Bougainville, Diderot pp.25-29

       Cela fait maintenant plusieurs années que j'habite au Mexique, ce pays je l'avais adopté, c'était le mien. J'habitais dans un quartier défavorisé près de la frontière des Etats-Unis. Les personnes vivant dans les logements aux alentours étaient très pauvres. On avait à peine de quoi se nourrir. Je voyais tous les jours des enfants qui n'avaient plus que la peau sur les os. C'était très dur à vivre, même l'eau manquait, plus d'une fois, j'ai cru mourir de soif. Mais je devais l’accepter, je n'avais pas le choix.

       Une nuit, alors que je dormais, j'ai été réveillé par un bruit, il aurait pu réveiller les morts. Je m'empressai d'aller voir à ma fenêtre ce qui se passait dehors. Je fus stupéfaite de ce que je voyais devant moi : dix mille... cent mille… un million… de soldats armés jusqu'aux dents, je ne pouvais pas les compter !

       Au loin, je vis un homme d'un certain âge qui me paraissait être invincible. C'était une personne qui n'était pas un soldat, il avait l'air d'un homme très puissant. Les soldats lui obéissaient, et à personne d'autre. Je les voyais traverser les rues en usant de la force et des armes, ils parcouraient les allées à une vitesse qu'on aurait dit des éclairs. J'eus seulement le temps de réaliser ce qui se passait, il n'était plus là, il n'y avait plus qu'un silence assourdissant. Je décidais de me recoucher mais impossible de trouver le sommeil. Je réfléchis beaucoup, j'avais encore du mal à comprendre les choses.

       Au petit matin, les rues étaient désertes comme si le pays s'était éteint. Puis quelques instants plus tard, j'appris à la télévision ce qui s'était passé à Mexico. Cet homme, un dictateur, venait d'envahir notre capitale. On était piégés dans notre propre pays, sans solution pour en sortir. Ce n'était même pas une guerre, c'était l'enfer. Notre président n'avait rien vu venir, en seulement vingt-quatre heures notre pays fut à eux, et ils ne comptaient plus partir. Mon pays, le Mexique, était maintenant dirigé par la force et les armes des Etats-Unis. Malgré la situation insoutenable, ce dirigeant impitoyable nous traitait correctement, nous n'avions plus à nous soucier de la nourriture ni de l'eau. Il mettait tout en œuvre pour que l'on vive bien et que l'on approuve son pouvoir, qu'on le reconnaisse légitimement comme notre chef.

Tag(s) : #regard sur l'autre MG4
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