Publié par Emmie

Un quotidien pas si banal © Emmie

Un quotidien pas si banal © Emmie

C’est un lundi pluvieux d'octobre. Hier, j’ai endormi chez mon copain. Le voir, comme ça, endormi au bord du lit me brise le cœur, car je sais que je vais devoir m’en séparer. J'ai pris cette décision il y a plusieurs semaines déjà, mais je n'ai pas encore eu le courage de le faire. Je l'aime énormément, mais le fait que la drogue ait une place aussi importante dans sa vie me dérange beaucoup. 

Le film s'est terminé tard hier, aussitôt que j'entends le réveil sonner, je regrette de ne pas m’être endormie plus tôt. Je me lève et vais prendre un gâteau posé sur la table. J’ai fait ces cookies hier mais je ne les ai pas encore goûtés. Ils sont très bons malgré un petit goût différent de d'habitude. J’en conclus qu'un des ingrédients devait être passé de date et je commence à m'habiller. Tout à coup, tout se met à tanguer autour de moi, à tel point que je suis obligée de m’asseoir sur le lit dans lequel l’homme qui partage ma vie dort encore. Après avoir repris mes esprits, j’attrape un Doliprane dans mon sac, enfile mon manteau et sors de la maison.  

Je suis à présent dans la rue et je marche en direction de mon arrêt de bus. Les vertiges n’ont pas cessé une seule seconde depuis que je suis partie et je dois lutter de toutes mes forces pour marcher à peu près droit. Etrangement, tout cela n’affecte pas ma bonne humeur, je marche gaiement en écoutant Britney Spears à fond dans mes airpods. Je monte dans le bus et valide ma carte. En passant devant le chauffeur, je remarque qu’il est vêtu uniquement de noir, je me dis qu’avec son masque et sa capuche ça ne donne pas très envie de monter dans son bus. Il a dû lire dans mes pensées car il enlève aussitôt sa capuche pour me saluer d’une voix rauque. Je vais m’asseoir et m’aperçois que je suis seule dans le bus, pourtant il est huit heures, c’est censé être l’heure de pointe. Le chauffeur du voir mon air interloqué et me dit : « Il n’y a pas grand monde aujourd’hui ! »

Je lui réponds en prenant un air serein que ce n’est pas plus mal, et que je pourrais être ainsi tranquille.

Au moment de sortir du bus, la rue me semble différente, pourtant je fais le même trajet tous les jours depuis plusieurs années déjà, et c’est la première fois que je ressens une telle impression. Dans une ruelle perpendiculaire à la rue principale, j’aperçois un homme léviter au-dessus du sol. Je crois rêver mais me rends compte que tout le monde se déplace de la même façon, y compris moi. En effet, je me rends compte que mes pieds ne touchent plus le sol non plus, ce qui expliquerait le fait que j’ai l’impression que tout tangue autour de moi. Cela me donne la migraine. Tout en me dirigeant tant bien que mal vers mon lieu de travail, je vois au loin une jeune fille d’une dizaine d’années, avec derrière le dos ce qui me semble être des ailes pareilles à celles des elfes des contes de fées.

J’arrive au bureau depuis trente minutes quand je me rends compte que je fais n’importe quoi, je range les dossiers au mauvais endroit, j’inverse les numéros des clients ou encore je me trompe dans le nom de mes collègues. À tel point que ma responsable me demande de rentrer chez moi, ce que j’accepte presque immédiatement car mes maux de tête n’ont pas cessé depuis mon départ. Arrivée à l’extérieur, je me sens tellement mal que je décide de ne pas reprendre le bus et de demander à mon copain de venir me chercher car c’est son jour de repos.

Il passe donc me prendre et me ramène chez lui. Je m’endors presque immédiatement.  Je ne me réveille qu’en fin d’après-midi vers dix-sept heures. Je me lève et vais dans le salon où je vois mon petit ami en train de lire le nouveau numéro de France Football, sa revue de sport préférée, que je lui achetée hier. À peine m’aperçoit-il qu’il me parle de sa livraison de drogue qu’il doit faire le soir, me demander comment je vais n’a visiblement pas l’air de le préoccuper. Il me demande si je n’ai pas vu son sachet de cocaïne, je lui réponds que non, de manière désintéressée. Il me demande pourquoi je n’ai pas utilisé le nouveau paquet de farine qu’il m’avait acheté spécialement pour que je puisse faire mes gâteaux. Je lui réponds que j’en avais trouvé dans un sachet en plastique dans un placard et que j’ai préféré privilégier celle-ci car elle était entamée. Je le vois alors pâlir. Je lui demande ce qui se passe et il se met à hurler que je suis stupide et que j’ai confondu sa cocaïne avec de la farine ! Tout s’emboite dans ma tête et je comprends que c’est la raison pour laquelle j’ai été malade plus tôt dans la journée. J’ai juste fait un bad trip.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, je m’énerve en lui crachant que ça fait plusieurs mois que j’en ai marre de sa toxicomanie, et que j’ai tellement peur de ses réactions disproportionnées que je n’ose plus lui parler.

Je pars en claquant la porte, bien décidée à changer de vie.

Mais de quelle farine s'agit-il ? © Emmie

Mais de quelle farine s'agit-il ? © Emmie

Tag(s) : #fantastique, #S4
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