Publié par Maurine et Yannaël

« Cela » noyant Hélène

« Cela » noyant Hélène

Une femme souffre en silence d'un cancer.

Qu'importe le nom de sa maladie, la fin restera la même.

 

Cette femme, veuve, ayant deux enfants en bas âge, se bat contre la mort, qui ne lui laisse aucun répit.

Cela fait déjà de longs mois qu'elle endure le martyr, tout en travaillant, pour nourrir sa famille.

Mais la maladie gagne du terrain.

La maladie gagne du terrain, Hélène continue de travailler et, de peur de n'avoir pas assez d'argent pour finir le mois, ne prend plus de traitement suffisant.

Elle le sent, cela se propage.

Elle a compris.

Elle appelle ce qui la ronge « Cela ». C’est sa façon de le côtoyer, de l’accepter.

Travailler devient difficile, mais jamais, ses enfants ne l'entendent se plaindre.

Des vomissements, des vertiges, sont devenus son quotidien, et de ce fait, elle se voit déjà ailleurs.

Ce n'est plus une simple maladie.

Elle se fane.

Dans sa tête, un combat continu entre « Cela », et la raison.

 

Trop d'émotions me traversent.  

J'ai peur, de ne plus revoir mes enfants, de les abandonner en ce monde.

Je suis seule, aucune famille, personne qui puisse les héberger.

La colère vient.

L'injustice de ce sort, qui m'atteint.

Aucune mère ne voudrait laisser ses enfants, seuls.

C'est ce que je vais faire, contre mon gré.

Cette maladie m'importe peu, je ne suis pas une personne malade, d’abord une mère, qui a besoin de voir grandir ses enfants.

Je crie intérieurement, pourquoi moi ?

J'ai travaillé toute ma vie, survécu au décès de mon mari, ma vie ne peut pas se finir si vite !

Pourquoi… maintenant ?

Condamnée à une fin rapide, douloureuse, qu'ai-je fait à Dieu?

La raison me quitte.

La Foi. Aussi.  

Je le sens, je le sais, « Cela » a atteint mon cerveau.

J'appelle chaque connaissance, n'importe quelle personne qui puisse garder, aimer mes enfants.

Je veux au moins leur trouver une maison, une famille, même si je sais que ce n'est pas possible.

Désespérément, je cherche.

 

Je perds la tête.

 

La fin.

 

Une attente ?

Je ne sais plus.

Travailler…

Trop dur.

Prisonnière de mon lit, je délire.

Je le sais, je perds le combat.

« Cela » a gagné.

A chaque reprise de conscience, je... je ne sais plus.

Voir mes enfants, pour les étreindre, par peur que ce ne soit la dernière fois.

Je n'en peux plus, je ne le supporte plus.

Comme j’aimerais les calmants de l’hôpital, un dernier séjour d’espoir…

Mais non, j’ai lâché prise.

C’est fini, ô injustice, injuste sort fait à mes petits !

C’est pour eux que je pleure une dernière fois !

Je n'ai qu'une pensée, mes enfants, vous…

Vous !

Le couloir de la mort d'Hélène © Maurine

Le couloir de la mort d'Hélène © Maurine

Tag(s) : #tragique, #1G7
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