Publié par Jules

La rentrée de Martin

         Martin a quinze ans. Il a récemment déménagé dans une banlieue de Paris. Avant, il résidait dans un quartier riche de Strasbourg. Il fait sa rentrée dans le lycée le plus proche, le lycée Jeanne d’Arc.

         À peine rentré, la sonnerie retentit. Les cours commencent, aucun sourire aux lèvres des élèves, la peau luisante, les yeux vitreux… La fatigue se fait ressentir ce lundi. Martin est seul… Il se dirige vers la salle de cours indiquée par son emploi de temps.

Tous les élèves de sa classe sont là, le professeur a une barbe noire, des sourcils épais. Il a l’air repoussant et désagréable. Il fait signe de rentrer dans la classe en silence. Tout le monde se tait et entre. Martin s’assied au fond de la classe, où une fille est à côté de lui. Elle a les cheveux foncés et ébouriffés, elle est plutôt maigre. Elle porte un pull et un blouson en cuir avec des manches longues. Elle a les yeux marron, noirs, elle regarde dans le vide. Après cette journée affreusement longue, Martin rentre chez lui, sur le chemin du retour, il croise cette fille de sa classe. Sur son bras paraissent des marques rouges, presque parallèles, plus ou moins longues. Certaines sont couvertes par son pull. Ce soir-là, le soleil tape sur Paris. Martin rentre enfin chez lui, va dans sa chambre puis met immédiatement de la musique.

Durant les trois semaines suivantes, la voisine de Martin ne se présente pas en classe. Trois semaines plus tard, il revoit enfin sa camarade en classe, elle paraît abattue… La journée se passe bien jusqu’au midi, où des gens se battent à la cantine. Un Terminale cherchant la bagarre frappe un autre élève qui immédiatement riposte. Les coups de poings retentissent dans toute la cantine, silencieuse, le sang gicle de part et d’autre… Après six mois de cours, Martin commence à parler à sa camarade de classe. Elle dit qu’elle aime la musique, lire des romans. Il s’attache à elle, ils deviennent même amis. Elle s’appelle Camille.

Martin s’inquiète toujours quant aux marques observées sur l’avant-bras de sa seule amie. Quand il n’est pas avec elle, il remarque qu’elle va souvent dans les bureau de l’infirmière et de l’assistante sociale. Presque tous les jours, Camille subit des insultes des élèves du lycée. Avec Martin, elle a tout le temps le sourire, elle est remplie de joie de vivre. Ses lèvres sont plutôt fines, son visage petit et renfermé laisse percevoir de petits bleus au coin de son œil. Ses cheveux noirs portent des reflets violets, ils lui arrivent aux épaules.

Le vendredi 22 janvier, elle lui dit de le rejoindre chez elle. Martin, content, note directement sur un bout de papier l’adresse énoncée par son amie. Le lendemain, il prend le métro et va à l’adresse indiquée, « le bâtiment B, quatrième porte au deuxième étage ». Arrivé à la station de métro la plus proche, il sort du souterrain.

Arrivé devant le bâtiment, il est étonné de voir qu’il est délabré. Certaines vitres sont cassées, des bouts de verres traînent par terre, une odeur nauséabonde plane sur cet endroit. De nombreux sans-abris semblent séjourner ici, sous les lampadaires, au-dessus des grillages de métro pour ne pas avoir froid.

Arrivé devant la porte numéro 4 du deuxième étage, il approche sa main de la porte pour frapper mais voit que la porte est entrouverte. Il la pousse légèrement. Elle s’ouvre dans un grincement strident. Il entre dans ce qui paraît être la cuisine. Il pousse une seconde porte.

Elle est là, le cou attaché à une corde, un tabouret allongé près du canapé abîmé par le temps. Ses pieds sont pâles, presque bleus. Elle a les yeux fermés, ses cheveux tombent dans le vide. Des cicatrices encore ouvertes se dessinent sur ses bras. Des bleus recouvrent ses jambes, des talons jusqu’aux hanches. Des gouttes de sang tachent le sol. Tout son corps est meurtri et pâle. Son corps sans vie gît seul dans la pièce.

Tag(s) : #réaliste, #S4
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