Publié par Benjamin et Bastian

Artur faisant les dernières vérifications

Artur faisant les dernières vérifications

         Artur, jeune homme de vingt-deux ans, assis sur le siège passager, sa mère conduisant.

La jambe tremblante, le regard figé sur le GPS, Artur est soucieux. Il regarde les kilomètres défiler. La radio diffuse de la musique en fond mais cela n’a point d’importance, Artur est concentré sur son objectif. Il commence à reconnaître les derniers virages menant à l’auto-école. Toujours dans ses pensées, il s’imagine dans six mois allant chez des amis au volant de sa voiture. Il est arrivé. Il aperçoit au loin son moniteur le saluant. Les premiers mots qu’il adresse à Artur sont « Alors, motivé pour ce permis ? J’ai confiance en toi ! » Il monte dans la voiture du moniteur qui doit l’amener jusqu’au lieu d’examen. A cet instant, Artur sait que le moment fatidique approche, il commence à avoir des sueurs froides et ses mains deviennent moites. En partant de l’auto-école il voit sa mère lui faire un signe d’encouragement. Ne voulant pas la décevoir, il commence à s’imaginer le pire scénario. Artur se figure un examinateur froid comme la pierre qui ne lui adresse la parole que pour lui donner des ordres. Que pour un simple écart de trajectoire l’examinateur s’accroche fort à sa poignée. Qu’à un démarrage en côte, il perde ses moyens, cale et se fait rentrer dedans par la voiture le précédant. Quelques minutes plus tard, en traversant une ville, il refuse la priorité à un piéton, le frôle, l’homme déséquilibré râle sur l’auto-école mais Artur concentré ne le remarque même pas. En sortant de cette même agglomération, Artur, derrière un cycliste, a l’intention de le dépasser. Pour cela il accélère progressivement mais n’a pas la place pour se déporter et, tétanisé par la peur, il ne ralentit pas, alors que son pare-chocs se rapproche dangereusement du cycliste. Et là, l’examinateur prend les choses en mains, appuie violemment sur la pédale de frein avant de percuter le cycliste. Après cet incident l’inspecteur, toujours aussi froid, reprend la place derrière le volant pour éviter un drame, selon ses dires. Mais heureusement, ce n’est que l’imagination qui va si vite.

         Arrivé au centre d’examen, Artur aperçoit son examinateur, un vieil homme, pas très grand avec des cheveux gris. Il porte un costume noir avec une écharpe assortie à la couleur de ses cheveux. Il donne une impression de rigueur et d’un certain décalage avec l’époque que l’on vit. Mais Artur veut partir sans a priori sur lui et se concentre sur son épreuve. L’examinateur l’accompagne jusqu’à la voiture. Le stress continue de monter tandis qu’il monte dans le véhicule.

         Vient le moment de s’installer dans la voiture. Artur règle son siège puis les rétroviseurs. Il prend ses aises mais reste concentré sur son objectif. Après une courte discussion avec l’examinateur, le moniteur monte dans la voiture. Artur s’apprête à démarrer. Il met le contact et répète la procédure en boucle dans sa tête. Il vérifie ses rétroviseurs, met son clignotant, retire le frein à main, vérifie une dernière fois l’angle mort. Puis il relève son embrayage en même temps qu’il appuie sur l’accélérateur. La voiture vibre. La goutte de sueur sur le front. Mais il ne cale pas. L’atmosphère générale de la voiture se détend.

         Alors que, contre toute attente, le trajet se passe merveilleusement bien, sur la fin du parcours, l’examinateur remet un coup de pression en seulement six mots, Artur se raidit. Des mots qui lui donnent du fil à retordre. Les mots que toute personne passant son permis redoute. « On va bientôt effectuer la manœuvre». Son moniteur à l’arrière croise les doigts. Il espère que cela va bien se passer. Ils arrivent dans une étroite ruelle. L’examinateur lui demande de ralentir. Il est à la recherche d’une place, alors qu’une voiture le précède. Mais par chance pour Artur, il n’y en avait plus. Le stress continue de monter. Il ne redescendra que quand finalement en arrivant dans une zone industrielle, l’examinateur abrège ses souffrances en ne lui demander qu’un simple rangement en bataille avant. L’épreuve se finit sur cet obstacle. Artur lâche un souffle de soulagement. Son moniteur également. Tandis que l’examinateur reste impassible.

         Durant les jours suivant l’examen, Artur attend les résultats avec impatience. Il pense avoir réalisé avec succès son épreuve même si quelques erreurs lors de sa conduite l’amènent à douter. Tous les matins, impatient, il ouvre sa boîte aux lettres espérant tomber sur la lettre. Quelques jours plus tard, alors qu’Artur a presque oublié qu’il avait passé le permis, il trouve dans boîte aux lettres son fameux courrier. Il s’empresse de l’ouvrir. En bas du Saint Papier il voit la mention « admis au permis de conduire ». Il n’en revient pas ! Il a douté de lui et de sa performance. La première chose qu’il fait c’est d’appeler sa mère. Il lui apprend la nouvelle et lui parle de sa fierté de l’avoir eu du premier coup. Sa mère lui fait ressentir son bonheur. Artur commence la première journée de ce qu’il appelle sa « nouvelle vie », d’une humeur joyeuse. Et, pour la première fois, il se rend sur son lieu de travail avec sa voiture, et non en bus.

 

Tag(s) : #dramatique, #1G7
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