Publié par Tiago

L'Espoir

Les fin de mois où mes parents n'avaient plus assez d'argent pour acheter de la viande, nous mangions du poisson pendant plusieurs jours d'affilée.

En finir avec Eddy Bellegueule (2014 / p.94) - Edouard Louis

        Quand j’étais petit, j'habitais chez mes parents dans une toute petite maison, dans un village d'environ cent habitants. A l'intérieur de la maison, il y avait une chambre, une salle de bain, une cuisine et rien de plus pour toute ma famille.

      Ma maison était dans un sale état, la charpente commençait à se fissurer, le plancher à se dégrader, les murs devenaient noirs... A l’âge de trois ans, j'ai perdu ma petite sœur, ce qui nous a rendus plus tristes encore. Mon père qui travaillait a fait une pause d'une semaine après la mort de ma sœur, cela nous plongea plus encore dans la misère car il n’y avait que mon père qui rapportait de l'argent à la maison.

     Cinq ans plus tard, dès l’âge de huit ans, l'école et moi ça n'allait plus du tout, incompréhension, distance, rejet.  Mes parent ont pris la décision de me faire arrêter l'école, et j’allais travailler aux champs pour nourrir la famille. Ma mère ne travaillait pas, elle restait à la maison pour faire le ménage et les repas. Mon père travaillait dans le bâtiment où il gagnait cinq cent francs par mois, ce qui n'était pas assez pour rénover la maison.

     Quand j'ai eu seize ans mon père décida de partir travailler en France pour gagner plus d'argent, afin de mieux nous loger, dans une maison en meilleur état. Moi et ma mère nous restâmes pendant deux ans sans mon père, à manger la même chose tous les jours. Dans la maison, ce n'était plus possible. Sans argent, nous ne pouvions pas améliorer l’état des murs. Ma mère décida de faire appel à mon père. Un ans après, mon père était de retour. Avec l'argent qu'il avait gagné, nous avons pu nous sortir de la misère et gagner de meilleures conditions de vie, dont une meilleure hygiène.

     A dix-neuf ans, j’ai quitté mes parents pour rejoindre la France, précisément Brest où j’ai commencé mes études pour gagner ma vie et aider mes parents.

    J'ai vécu une enfance difficile. Malgré tout, j’ai compris quelque chose : il ne faut rien lâcher, être opiniâtre, et croire toujours en soi !

Tag(s) : #autobiographie MG1
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