Publié par Chloé

I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles,
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
— On entend dans les bois lointains des hallalis…

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses longs voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.


Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile.
— Un chant mystérieux tombe des astres d’or. […]

 Arthur Rimbaud, « Ophélie », Cahier de Douai, 1870

Une rivière entourée de végétations, fréquentée par les promeneurs © Chloé

 

Dans les recoins du pré enchanté,

Ophélie, belle muse de la nature,

Vole et chante parmi les fleurs avec légèreté,

Délivrant un spectacle sans aucune rature.

 

Sa chevelure flotte telles des rivières argentées

Tandis que le vent chuchote doucement,

Tous les animaux chantent en cœur, ô suavité !

Pour l’ouïe, pour la joie, tous les sens également !

 

Par sa beauté divine et son charme envoûtant,

Ophélie incarne pureté et éternité,

Comme les saisons de l’année passent lentement,

Printemps ou hiver avec simplicité.

 

Elle, gardienne des secrets, de la nature, des bois,

Symbole de la vie qui ne connaît pas l’oubli,

Nous rappelle que la nature est en soi 

La source commune d’inspiration infinie.

 

Chagrin et rayons de soleil caressent la joue ;

Chaque brise embrasse la douce peau ;

Ophélie, ô nature, comme tu ris et joues !

Tu resteras éternelle, même le visage sous l’eau.

 

Tag(s) : #cahier de douai, #1MG3
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